Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse



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Chapitre VI (suite)




Précis des faits les plus remarquables qui se sont passés à Châteaubriant de 1666 à 1869 (1).

1er août 1666. — Construction du puits de Rigalle aux frais du quartier.

14 août 1678. — Passage du duc de Chaulnes pour l'établissement de l'hôpital. Il est reçu par quatre compagnies de la milice bourgeoise, commandée par M. Hamel de la Bothelière. Cette milice, dont la ville nommait les officiers, n'avait pas d'uniforme.

1er janvier 1692. — Le roi d'Angleterre devant passer par Châteaubriant, la ville fait venir de Rennes un traiteur pour le repas qu'elle veut lui donner.

14 avril 1700. — Le syndic remontre que, lorsque la moindre bourgade voisine a une horloge, Châteaubriant n'en a pas ; qu'il est nécessaire d'en placer une dans le clocher de la chapelle Saint-Nicolas avec l'autorisation de S. A. S. L'horloge coûta 390 livres, la charpente 115 livres, le tout garanti pour trois ans. La ville accorda 30 livres pour la conduire, la monter et fournir l'huile. — Cette horloge ne fit pas un long usage, car, 27 ans plus tard, le donjon du château étant tombé en ruines, on fut obligé de descendre l'horloge et la cloche qui s'y trouvaient : ce qui était fort incommode pour les ouvriers et journaliers. La ville s'adressa au Prince pour lui demander cette horloge, afin de la placer dans la lanterne de Saint-Nicolas. Ce qui fut accordé et exécuté en 1730.

30 décembre 1705. — Terrible ouragan nommé vimaire. Nous en avons parlé ailleurs.

1715.—Mort de Louis XIV. Il fut délibéré « que le corps de ville se transportera en habits de cérémonie, précédé de ses héraults, à l'église paroissiale et assistera aux prières qui s'y feront, et où chacun fera sa communion et ses aumônes à sa dévotion, pour le repos de l'âme du feu roi Louis XIV, grand de nom, de corps et d'esprit, en valeur et en vertu, et pour la confirmation de Sa Majesté régnante à qui le Roi des rois veuille donner un aussi long et aussi glorieux règne que celui du feu roi, son bisayeul, incomparable que par son sang successif (!), et pour que le peuple, touché de la perte qu'il vient de faire, soit à lieu de rendre ses devoirs, il est ordonné à tous les habitants de fermer leurs boutiques, avec défense de faire aucun travail public jusqu'à ce que les prières soient finies, auxquelles assisteront au moins un de chaque maison ; que l'église sera tendue et les plates-formes avec les placards des pompes funèbres, et enluminés à tous les autels de serges blanches colorées de noir par endroits et sur toutes les corniches ; et pour y donner ordre, est nommé le sieur de la Percherie, fabriqueur en charge, qui se donnera les soins de faire la recommandation de l'âme par le Réveilleux, accompagné de deux autres, couverts chacun d'une robe noire, et faire rendre les pauvres de l'hôpital à l'église. »

4 juin 1717. — Les droits d'octroi pour une pipe de vin venue du dehors de la province et débité dans les cabarets de la ville et des faubourgs étaient de 5 livres ; 3 liv. 6 s. 8 d. pour le vin du crû de la province ; 1 liv. 13 s 4 d. par pipe de cidre (2). En 1772, ces droits furent portés au double, pour acquitter les dettes de la ville.

Avril 1720. — Passage du maréchal de Montesquiou. La ville l'envoie chercher à Teillay, dans une chaise roulante, avec une escorte des plus notables bourgeois, à cheval. Une seconde députation lui offre en présent 12 bouteilles de vin, qui coûtèrent 11 livres 18 sols.

1721. — La ville n'avait pas de drapeau qui lui fût propre ; celui dont elle se servait était aux armes de S. A. S. monseigneur le duc Henri de Bourbon-Condé, parsemé d'H et de fleurs de lys. Dans la séance du 11 mars 1815, il fut dit qu'il existait une délibération de la communauté constatant le dépôt d'une ordonnance royale du 6 février 1698, portant confirmation des armoiries de la ville. Le maire fut chargé de poursuivre la confirmation de ces armoiries près de la commission du sceau des titres. Nous supposons que ce sont celles dont Châteaubriant se sert aujourd'hui.

27 juin 1722. —Réception d'Etienne Legrand, sieur de la Griolays, en qualité de gouverneur de la ville et du château, à la place de l'abbé Barin, décédé. Les habitants se mirent sous les armes ; on lui fit compliment à la porte de la ville dont on lui présenta les clefs, et on lui offrit en don des bouteilles de vin, la ville, à ce qu'il paraît, n'ayant rien de mieux à lui offrir.

1725. — Fêtes pour le mariage du roi. — Te Deum solennel à la chapelle Saint-Nicolas ; — illuminations de toutes les maisons particulières, sous peine de 10 livres d'amende pour l'hôpital ; — feu de joie sur la place ; — rafraîchissements au peuple et à la milice, composée de 130 hommes. La dépense s'éleva à 105 livres.

1726. — La ville n'avait alors de promenade qu'un modeste emplacement sur la Motte-à-Madame, où il ne restait qu'un ormeau. Le sieur André fut autorisé à y planter 70 ormeaux, en allée, pour la somme de 20 livres, garantis pendant 3 ans, sauf destruction violente.

1727. — Jusque-là, la paroisse de Béré n'avait été imposée qu'à un ou deux miliciens pour aller garder les côtes, et encore assez rarement ; voilà qu'en cette année, on lui en demande cinq. Réclamations et plaintes ; si l'intendant ne la décharge d'une partie de ces miliciens, la paroisse prétend que l'agriculture est perdue.

1736. — Réjouissances pour la naissance de monseigneur le prince de Condé. — La milice est sous les armes ; — illuminations dans la ville et les faubourgs ; — Te Deum ; — feu de joie ; — tous les soirs, pendant huit jours, on tire 30 coups de canon ; — les boutiques sont fermées pendant trois jours, et le vin coule en forme de fontaine sur le champ de foire et sur les terrasses, à la discrétion des habitants.

1737. — L'enlèvement des boues de la ville était mise à l'adjudication à qui pour moins voudrait, pendant six ans. La ville donne 60 livres à l'adjudicataire. Aujourd'hui, c'est autre chose ; elles appartiennent au plus offrant et dernier enchérisseur.

1737. — La ville est autorisée à donner 150 livres de gages à un chirurgien, à condition qu'il soignera gratis les pauvres de l'hôpital, ceux de la ville et de la paroisse.

1739. — Grande disette de grains dans le pays. La ville en fait acheter à Nantes pour 3,000 livres et le revend au peuple au prix coûtant.

1750. — Le pont Glémois appartenait au seigneur qui l'avait fait construire et l'entretenait à ses frais. C'est pour cela qu'il percevait un droit de péage ou coutume sur toutes les denrées qui entraient au marché par ce pont.

1752. — Les courriers n'arrivaient à Châteaubriant que deux fois par semaine. La ville ne put avoir un troisième ordinaire à cheval, par Derval, qu'en faisant payer un sou de plus pour chaque lettre.

1760. —Arrivée de monseigneur le duc d'Aiguillon. — Réception solennelle, comme précédemment.

1760. — M. de la Chenellière-Ernoul a le titre de subdélégué de monseigneur l'intendant de la province, ce qui équivalait à la place de sous-préfet aujourd'hui.

1761. — Aplanissement de la Motte, pour y transférer le champ de foire, qui devra s'appeler place d'Aiguillon.

1762. — Pendant le cours de cette année, le duc d'Aiguillon passe deux fois en cette ville.

Janvier 1764. — Sur la dénonciation du procureur fiscal, le sénéchal fait défenses de s'assembler à la porte des veufs ou veuves qui passent en secondes noces, le soir et la nuit de leurs épousailles ; d'y traîner des chaînes, frapper sur des poëles et chaudrons ; d'y casser des pots et d'y faire des cris de charivaris, sous peine de la prison. — Cet abus, qui existait depuis longtemps, existe encore.

Janvier 1764. — Conformément à une délibération du 30 mars 1764, le sieur Desloges est autorisé à toucher la somme de 110 livres pour trois lanternes et illumination sous les halles. Elles devront être allumées au déclin du jour, garnies chaque soir d'une chandelle de bon suif blanc d'un quarteron et bien proportionnée.

1781. — La route de Châteaubriant à Angers n'était encore faite que jusqu'à Candé ; la ville demande son achèvement, vu l'importance des communications entre Rennes et Angers.







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