Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse



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Mémoires du doyen P. Blays. (suite)




II. - De la confrérie de Nostre-Dame.

La grande confrérie de Nostre-Dame, establie dans l’église paroissialle, quoique le service s’en fasse pour la commodité des prêtres et habitants à Saint-Nicolas, fut commencée par une association d’ecclésiastiques et séculiers, pour servir et honorer particulièrement la Sainte-Vierge, et faire des questes pour les soulagements des nécessiteux de la paroisse, environ l’an 1608. Elle fut autorisée par bulles de Grégoire XV, en datte des nones de juillet 1621, l’an premier de son pontificat, recues et approuvées par Mrs Etienne Louyfre, doyen de la cathédrale de Nantes, et Mathurin Blanchard, archidiacre de la Mée et official de Nantes, grands vicaires establis par le chapitre de l’église du d. Nantes, le siège épiscopal vacant, en datte du 22me de novembre au d. an.

Cette confrérie alla fort bien au commencement et pour quelques années ; mais comme il y avait beaucoup de service à faire aux frais des confrères, soit pour le denier d’entrée qui estoit grand, soit pour l’entretien des luminaires, soit pour l’achapt des ornements blancs et noirs, et qu’outre les dix sous pour une messe de requiem chantée pour chacun des confrères décédés, on faisoit encore célébrer une messe chantée tous les samedis, les festes de la Sainte-Vierge et de sainte Anne, elle ne subsista pas longtemps. La plupart des confrères furent contraints de s’en retirer à raison de la dépense qu’il convenoit faire ; ce que voyant, Mire Jan-le-Noir, mon prédécesseur et très-honoré oncle, à son avénement au bénéfice et doyenné, affin de la restablir et la remettre sus, il fist en sorte de diminuer, de l’avis du peu de confrères qui restoient : 1° le denier d’entrée de la moitié, et descharger les frères de la rétribution des messes de chaque samedi et festes de la Sainte-Vierge. Ce qu’il fist heureusement, par le moyen de quelques personnes de piété, qu’il excita à fonder les messes qui se disoient auparavant aux frays des d. confrères. On vit bientôt un bon nombre de personnes s’enrôler dans la d. confrérie, et, qui plus est, il se trouva plusieurs des confrères qui fondèrent des messes chantées, outre celles des samedis et festes de la Sainte-Vierge et de sainte Anne, pour les vendredis, jeudis de l’année, premiers dimanches, premiers et seconds lundis de chaque mois, ce qui a rendu cette confrérie si célèbre, qu’il y a à présent près de deux cents confrères, qu’elle est bien fournie d’ornements blancs et noirs, avec un drap mortuaire qu’elle a fait faire depuis, six torches à plaques où est l’image de l’Assomption de Notre-Dame, qui se portent aux enterrements des confrères par six des confrères, outre une grande torche de bois doré que l’on porte aux processions du grand et du petit sacre et des saluts de la d. confrérie. Outre les fondations cy-dessus, faites par les particuliers, le général fait, de plus, chanter les complies avec exposition et procession du Très-Saint-Sacrement, les festes de la Sainte-Vierge, célébrer des services d’une messe chantée ou anniversaire le lendemain de chaque messe de la Sainte-Vierge, et pour le général des frères décédés, et une messe aussi chantée le jour du déceds de chaque particulier et confrères. Et pour conserver la mémoire des messes de fondation et de leurs fondateurs, il ne sera pas hors de propos de les placer ici selon l’ordre du temps qu’elles ont été fondées (1).


III. - De la Confrérie des Dames de la Charité, lesquelles ont le soin des malades ou pauvres honteux de la ville de Châteaubriant et paroisse de Saint-Jean-de-Béré

L’an 1654, les pauvres malades estant pour lors abandonnés dans la plus part des petites villes où il n’y avoit point d’hospital, Monseigneur de Nantes, Gabriel de Beauveau, dans le désir de pourvoir aux nécessités de ces membres affligés de Jésus-Christ, par un acte charitable de son zèle pastoral, establit dans son diocèse des assemblées ou confréries de la charité, composées de femmes et filles d’honneur, dont le propre exercice serait de donner leurs soins à pourvoir aux nécessités des pauvres malades, et contribuer même de leurs moyens pour cet effect. Ce qu’il fist entre autres dans notre ville de Châteaubriant, qu’il appelait ordinairement le meilleur de son peuple.

Il envoya, porteur de ses ordres, V. et D. Missire René Levesque, prêtre de son séminaire et depuis fondateur et supérieur de la communauté ecclésiastique de Saint-Clément, lequel fut très-bien reçu, et avec tout le respect deub à la grandeur de celui qui l’envoyait et à son mérite particulier, par Missire Jean-le-Noir, doyen, et Missire Pierre Blays, son neveu et son vicaire, lesquels embrassèrent avec joye cette occasion de charité qu’ils souhaitaient de voir établie par une authorité supérieure dans leur paroisse, de même que dans les paroisses de Paris. Ils la publièrent dès le dimanche suivant, et aussitôt il se trouva une nombreuse assemblée de dames qui ne respirèrent depuis que la charité pour les malades. On élut d’abord une supérieure, une assistante et une thrésorière ; on les nomma pour les malades, pour la communion et la visite du Saint-Sacrement, dans la première assemblée qui se fist dans la grande salle de derrière de la maison de défunte mademoiselle de la Coudrays, salle qui regarde sur les basses rues et qu’on avait choisie comme le lieu le plus commode pour les assemblées. Elles y furent continuées jusqu’à sa mort, après laquelle elles se sont foites jusqu’à présent dans la chappelle de Saint-Nicolas. Ces dames ne se contentèrent pas d’assister les malades dans leurs maisons, mais pensèrent à trouver quelque logement où elles pourraient soigner les plus abandonnés. Une d’entre elles mérite bien que sa mémoire passe à la postérité. C’était damoiselle Julienne Houssays, fille de haute piété, qui donna une rente foncière de 40 livres, qui lui estait deübe sur une maison, pour estre employée à affermer un lieu propre à les loger. Avec cette somme, on afferma deux chambres sur les murailles, dépendantes de la maison du Palierne, où ils furent logés longtemps, c’est-à-dire jusqu’à ce que le bastiment de l’hospital fut entrepris ; alors cette rente fut destinée pour le logement des malades. Cette assemblée faisoit beaucoup de bien et donnait beaucoup de consolation et de soulagement aux pauvres malades dans leurs maisons, mais pas autant qu’il eûst esté à souhaitter, parce qu’il n’étoit apputé et n’avoit d’autre ressource que les aumosnes que ces bonnes dames donnaient pendant leur vie, et celles qu’elles leur ordonnaient à leur mort. Ce qui faisoit bien quelque chose, mais n’était pas comparable à ce qui se fit depuis l’entreprise de l’hospital. En effet, la révérend père Chosran, jésuitte, et le révérend Joubart étant venus, ils firent trouver bon que l’on plaçast un tronc dans la chappelle de Saint-Nicolas, et qu’il se fist des questes par l’église, les festes et les dimanches à la messe de matin, à la grand’messe et à vespres. C’est là un grand secours et fait un fonds plus abondant que par le passé pour le soulagement des malades et pauvres honteux. Aussi, dans les assemblées qui se font tous les premiers dimanches de chaque mois, après que le sieur Doyen en a adverty les dames à son prosne ou à vêpres, outre que l’on examine les malades, leur nombre, leurs besoins, et arresté ce qu’il faut leur donner dans le mois, on ordonne de plus quelque somme pour l’hospital plus ou moins, selon ce qui se trouve dans le tronc et la bouest, et le nombre des malades qui y sont actuellement.








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