Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse



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Mémoires du doyen P. Blays.

V. – Des chappelles basties dans la d. paroisse.




Il y a quatre chappelles dans l'enceinte de la paroisse Saint-Jean-de-Béré ou Chasteaubriant, scavoir : la chapelle du Chasteau, la chappelle de Saint-André, la chappelle au Duc et la chappelle de la Malorays.

I. - De la chapelle du Chasteau.

Cette chappelle est grande, avec deux autels : le maître autel et celuy de la vierge. Elle est bien bastie, avec grands vitraux autrefois de peinture, jubé au bas, un vieil fust d'orgues, quelques restes de tuyaux, un beau clocher, l'appartement et jardin du chappelain au bout. Elle est située joignant et en droite ligne du vieil Chasteau, aparemment aussi ancienne, et dans la première court. Elle servit aux habitants pendant qu'après avoir démoli l'ancienne chappelle de Saint-Nicolas, qui leur appartenoit, on faisoit bastir la nouvelle. Le Saint-Sacrement y ayant esté porté solennellement, il y reposa jusqu'à la perfection de l'ouvrage. Il fut par après rapporté à Saint-Nicolas, ainsi que le corps de Jean de Laval, lequel y avoit esté mis en repost après sa mort dans une châsse de plomb. La translation en fut faite avec grande solennité ; quatre des plus grands seigneurs portaient les quatre coings du drap mortuaire ; il y fut déposé dans le chœur, en un caveau, au lieu où on voit une petite pierre de taille verte en carré, sur lequel il y avoit une fausse châsse de bois ostée depuis quelques années.

Il y avoit autrefois en cette chappelle des fondations considérables ; l'une, en l'honneur des saints Cosme et Damien, fondée par un seigneur de Chasteaubriant avec de gros revenus sur la terre de Piré, laquelle est appelée dans nos visites, il y a plus d'un siècle, entre les chappelenies non obtenues ny servies ; apparemment elle fut absorbée par la fondation de la Franceulle, qui jouist de tout ce que les seigneurs de Châteaubriant possédoient en cette paroisse.

Il n'y a plus que la fondation de la chappellenie de Saint-Jean qui s'y desserve ; elle est de trois messes par semaine et a de bons revenus en dismes dans les paroisses d'Auverné et de Saint-Julien-de-Vouvantes.

Il y a encore une chappelle domestique au bout de la gallerie des petits jardins, dont les seigneurs se servoient en cas de quelque infirmité ; il y en avait encore une autre dans les grands jardins, au dehors du Chasteau, qu'on appelloit de Saint-Antoine, ou j'ay encore veu l'autel. C'est là ou demeure à présent le fermier des grands jardins.

Cette vaste chapelle, d'une élévation extraordinaire, dût être fort belle au temps où les barons résidaient dans leur château. Aujourd'hui, tout a disparu : clocher, tribune, autels, fenêtres; elle sert de magasin et menace ruine.

On nous a raconté que, pendant la Révolution, deux habitants de Villepôt ayant détruit et enterré les statues des saints de leur église, et ne pouvant soutenir leurs remords et les reproches que, plus tard, ils recevaient de toutes parts, résolurent, à tout prix, de réparer leur faute. Ils se glissèrent nuitamment dans la chapelle du château, en enlevèrent les statues des saints Cosme et Damien, qui y étaient oubliées, et les apportèrent dans leur église, qui les possède encore.

II. – De la chappelle Saint-André.

Cette chappelle est aussi fort ancienne. Elle est située à une portée de mousquet du bout du pavé de Châteaubriant, sur le chemin de Rennes, bastie autrefois dans un village de la d. paroisse, selon l'ancienne tradition, pour faire entendre la messe aux lépreux qui estoient en grand nombre pour lors par la France. Elle fut dottée de quelques terres, bois et galoys et honorée de quelques droits de foire, d'épaves et galoys, par les seigneurs de Châteaubriant, qui donnèrent à ses chappelains les deux tiers des dismes, laissant le tiers au doyen, et, de plus, les rentes, devoirs et obéissances qui leur estaient deubs sur les estagers du d. village ; enfin, les deux tiers sur la foire du Noël, au d. Chasteaubriant, qui tenait autre fois au d. lieu de Saint-André. Cecy se prouve par une interrogation juridique au sujet de tous ces droits, faite d'office, les témoins ouys par Jacques Martin, chappelain et juge ordinaire de la cour de Châteaubriant, et Jean de Kalemborgne, greffier d'icelle, le 2me jour de juillet 1474 ; le réquerant, Missire Jean L'Abbé, chappelain.

La présentation de cette chappelle appartenait de plain droit au seigneur evesque de Nantes, comme il se justifie par les provisions sur parchemin, obtenues de Bernard, evesque de Nantes, par Mire Guillaume Parcheminier, de la d. chappelenie que voulait posséder Mire Jean Patoil, et vacante de présent par la mort de feu Nicolas Roche, clerc, en datte du dixneufme du mois de novembre, l'an 1393. La prise de possession adressée par les d. provisions Venerabili domino decano Castribrientii, rectori ecclesiae de Bereio, seu ejus locum tenenti, laquelle fut prise par Mire Guillaume Rouault, vicaire du d. sieur doyen, en son absence ; le d. acte, muni du sceau de la juridiction du d. sieur doyen, sigillo causarum, in secunda cauda, en datte du lundi, jour de saint Julien d'hiver, au d. an, et un autre, par dom Pierre Guynoult, de la d. chappelenie de Saint-André, qu'obtenait naguère Guillaume Parcheminier, recteur de Carbay, et à présent vacante par la pure, libre et simple résignation de discret Missire Paul de Chambalan, recteur de Soudan, en 1439, et prise de possession ensuite, en date du 5 septembre 1439. Cette chappelle fut présentée par l'evesque jusqu'en 1595, que le seigneur de Chasteaubriant commença à la présenter à René Daguin, fils de Lalloué du d. Châteaubriant, et par la démission du d. René Daguin, en 1625, à Mire Jean Hubert, à Mire Jean Grenier, à Mire Pierre Le Roy, clerc tonsuré, par la demission duquel à Mire Michel-Julien Le Roy, et enfin à Mire Estienne Le Roy qui la possède à présent.







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