Châteaubriant, baronnie, ville et paroisse



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Chapitre I (suite)




Lettres patentes de Henri II pour l'établissement du papegault avec ses priviléges.


Henry, par la grâce de Dieu, roi de France, à tous présents et avenir, salut. Savoir faisons que nous, ayant regard et considération que la ville de Châteaubriant est peuplée de bons et grand nombre de jeunes gens, marchands et autres bons bourgeois et citoyens, dont en temps de guerre se pourrait lever et tirer pour la défense du pays qui est limitrophe et en frontière de mer, bon nombre de gens du guerre, et que eux instruisant et exercitant aux armes, seront plus adroits et capables de faire service à icelui ; pour ces causes et pour la prière et requête qui nous a été faite par notre très-cher et amé cousin le duc de Montmorency, pair et connétable de France, seigneur dudit Châteaubriant, avons, de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, permis et octroyé, permettons et octroyons qu'ils puissent à leur loisir, à jours fériés et non ouvrables, eux exerciter à tirer de l'arc, arbalète et arquebuse, et de chacune desdites armes et instruments dresser des traictes ou buttes en tel lieu de la ville ou faux-bourg d'icelle qui par notre cousin leur sera désigné. Mêmement dresser et lever à l'avenir, une fois par chacun an, un blanc ou papegault au jour et lieu qui aussi leur sera par notre cousin ordonné, et de notre plus ample puissance, grâce et libéralité, spécialement à ce qu'ils soient plus soigneux, diligents d'eux bien instruire et exerciter auxdites armes au bien de nous et du royaume, et qu'ils puissent mieux fournir aux frais qui leur sont nécessaires pour eux garnir desdites armes et instruments. Voulons et nous plaît que celui-ci, chacun an, au jour ordonné pour tirer audit blanc ou papegault, aura abattu ledit blanc ou papegault de l'un desdits jeux, puisse, pour l'année qu'il aura abattu ledit blanc ou papegault, vendre, débiter ou faire vendre et débiter en ladite ville ou faux-bourg dudit Châteaubriant, c'est à savoir: celui qui aura abattu le papegault du jeu de l'arc, la quantité de quinze pipes de vin; celui qui aura abattu le blanc ou papegault du jeu de l'arbalète, quinze pipes aussi dudit vin ; à celui qui abattra le papegault du jeu de l'arquebuse, trente pipes aussi dudit vin ; le tout franc, quitte et exempt d'impôts, billot et de toutes autres aides et droits que nous levons et prenons audit pays sur les vins vendus et débités par le menu en icelui; desquels droits et aides, jusqu'au nombre de pipes et quantité dessus, nous leur avons fait et faisons dons par chacun an à toujours par ces présentes signées de notre main. Si donnons en mandement à nos amés féaux les gens de nos comptes de Bretagne, trésorier général de nos finances, tant ordinaires qu'extraordinaires audit pays, sénéchal de Rennes et Nantes ou leurs lieutenants, et à tous nos autres justiciers et officiers, chacun en son endroit, et comme il lui appartiendra, que de nos présentes, permission, quittance, exemption, don et octroy, ils fassent les habitants de la ville de Châteaubriant eux exercitant aux armes et instruments ci-dessus, ensemble ceux qui par chacun an abattront les blancs ou papegault, respectivement jouir et user pleinement et paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements mis ou à mettre à ce contraire, nonobstant que la valeur et somme à laquelle les droits d'impôts, billots et autres aides et subsides pourraient venir pour lesdits vins, faisant en tout la quantité de soixante pipes, spécifiées et exprimées, ne autrement déclairées et quelconques révocations générales ou particulières de tels et semblables dons et octrois, inhibitions et défenses par nous faites ou à faire de tirer de l'arquebuse, et autres ordonnances, édits ou déclarations sur ce faites ou à faire à ce contraires, auxquelles pour ce regard nous avons et à toutes autres choses à ce contraire, dérogé de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, dérogeons par ces présentes auxquelles, afin que ce soit autre chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel.

Donné à Villiers-Costerez au mois de novembre, l'an de grâce mil cinq cent cinquante-cinq, et de notre règne le 9e.

Signé : HENRY.

Charles IX renouvela ces lettres et confirma tous ces priviléges par un édit donné à Châteaubriant même, daté du mois d'octobre 1565, et enfin Louis XIV les confirma encore en 1674.



Procès-verbal de plantation du papegault.


L'an mil sept cent cinquante-trois, le treizième jour de mai, dans la chambre du Conseil de l'auditoire, grande salle du château de la baronnie de Châteaubriant, nous, André Boucher, sieur de la Goyère, avocat en parlement, sénéchal de la baronnie de Châteaubriant, juge de police, sur le réquisitoire de monsieur le procureur fiscal de cette baronnie et de police, nous nous serions transporté audit lieu où étant ledit sieur procureur fiscal, nous aurait remontré qu'en exécution de notre procès-verbal du deux du mois de mai 1751, la papegault accordé à cette ville par les rois de France aux habitants de cette ville fut planté par Victorien Fouché fils, qui l'avait abattu en l'année mil sept cent cinquante; que sur de mauvais discours débités par les employés aux devoirs alors dans cette ville, que lesdits habitants ne jouiraient plus des avantages attribués à celui des habitants qui l'abattrait, les archers dudit papegault, qui pour lors le tiraient, l'abandonnèrent ; de façon qu'il ne fut point abattu; que ce privilége, à ce moyen, deviendrait par la suite des temps inutile ; que, en sa qualité de procureur fiscal, il a droit de requérir qu'il soit, pour les intérêts et la décoration de cette baronnie, de nouveau replanté, et qu'il fait ordonner aux archers ordinaires de le tirer comme au passé, suivant l'ordre de leur enrôlement. Et a ledit sieur procureur fiscal fait apporter en ladite chambre, par Guillaume Besnie, greffier ordinaire, un morceau de bois blanchi et taillé en forme de pigeon peint en blanc, avec différentes machines de fer pour l'attacher sur un piler que ledit sieur procureur fiscal dit avoir fait planter dans les douves du château de cette ville, lieu ordinaire à tirer le papegault, lequel dit Bennier a aussi représenté une plaque de fer battu ; tout quoi ledit procureur fiscal a dit avoir fait faire ; et l'ayant examiné, nous l'avons trouvé conforme à notre ordonnance du 7 mai 1730. Ensuite de quoi nous nous sommes transporté dans les douves du château de cette ville, en compagnie dudit sieur procureur fiscal, ayant avec nous pour adjoint Jean Lorette, commis au greffe, où nous avons fait planter ledit papegault, et avons fait donner lecture par notre adjoint aux archers présents de notre dite ordonnance dudit jour 7 mai 1730, et auxquels nous avons ordonné et enjoint de s'y conformer, faisant tirer chacun à leur tour et rang, à la manière ordinaire et accoutumée. Nous leur avons défendu de se servir d'aucune carabine ni bidons de fer, mais seulement de fusils ordinaires et de balles de plomb, enjoignant au greffier dudit papegault, à chaque remise qui se fera, de faire y transporter l'oiseau et la plaque chez lui, et de faire remettre le tout en la même place et dans le même état qu'ils auront été ôtés, et pour cet effet d'en faire un procès-verbal sur son registre ; et lorsqu'il sera abattu, de nous en faire donner avis sur-le-champ, et de se transporter dans l'auditoire pour être par nous rapporté procès-verbal de l'abat d'icelui à la manière accoutumée. Défenses sont faites aux habitants de cette ville et faux-bourgs de laisser vaguer leurs enfants dans les douves où il se tire et aux environs en lieu de danger, à peine de 3 livres 4 sols d'amende contre les pères et mères à qui se trouveront lesdits enfants, et autres personnes qui seront trouvées jetter des pierres, ordures et autres salletés sur l'oiseau et la plaque ; et enjoint au sergent et tambourg dudit papegault d'y veiller, et de rapporter procès-verbal des contraventions à la présente ordonnance, sous les peines qui s'y échéent. De tout quoi nous avons rapporté notre procès-verbal pour valloir et servir ainsi que de raison ; de tout quoi nous avons rapporté le présent, notre procès-verbal sur les lieux, ledit jour et an, sous notre seing, celui dudit sieur procureur fiscal, dudit Besnier et de notre adjoint.








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