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Protestants alençonnais en 1686


Une liste de protestants alençonnais au lendemain de la révocation de l'édit de Nantes.


Le texte qui suit est la copie intégrale du bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Orne, Tome 12, année 1937. Nous n'en sommes pas l'auteur. Vous trouverez une version pdf avec index de ce document sous ce lien Protestants d'Alençon en 1686 (48 pages, 370Ko).

La Société de l'Histoire du Protestantisme Français a publié dans son Bulletin historique et littéraire, fascicule du 15 juin 1876 (p. 259 à 274), un document alençonnais jusqu'alors inédit qui nous donne une idée assez exacte des effets de la Révocation de l'Edit de Nantes au sein d'une Eglise qui comptait au XVIIe parmi l'un des plus importantes de Normandie. Ce document n'a jamais été commenté ni étudié, à notre connaissance du moins.

L'éditeur en est M. du Plan, bibliothécaire de la ville de Genève : la publication fut précédée d'un échange de lettres, dont nous regrettons de ne connaître le contenu entre lui et l'éminent secrétaire de la Société à cette époque, M. Jules Bonnet.

Pour expliquer comment un document de cette nature a pu échouer à Genève, M. du Plan, en quelques lignes discrètes qui lui servent de préambule, nous révèle qu'il lui a été communiqué par le descendant d'une famille protestante d'Alençon réfugiée en Suisse après la Révolution [1].

La liste de familles protestantes que renferme ce document est malheureusement incomplète, car plusieurs pages font défaut ; nous reviendrons dans nos conclusions sur cette lacune regrettable qui rend impossible toute statistique précise.

Mais il est deux faits essentiels qu'il convient de signaler avant tout examen.

Ce sont d'abord les erreurs du texte qui sont nombreuses. Si l'on peut attribuer certaines présentations défectueuses de noms de familles « à l'agent subalterne chargé de la rédaction du document », comme l'observe M. du Plan, dans bien des cas aussi il faut faire état de la mauvaise lecture du Manuscrit par un éditeur peu au courant des patronymes de Normandie [2]. Il a été presque toujours possible de rétablir les noms défigurés. Plus importantes pourront paraître les erreurs commises dans l'âge attribué aux enfants ou à leurs parents ; cet âge ne concorde que rarement de façon exacte avec la date des naissances. On devine que les renseignements ont été en général obtenus de seconde main, étant demandés aux voisins, à défaut des parents, ou étant fournis par ceux-ci approximativement. Nous avons tenus à établir, pour chacune des familles notées, les dates absoluement certaines, non seulement en ce qui concerne les enfants, mais encore leurs ascendants direct et la fondation du ménage ; nous nous sommes servis à cet effet des données précises fournies par les registres protestants d'Etat-civil d'Alençon, aussi complets qu'on peut le désirer sur la période qui s'étent de 1616 à 1685 ; sauf pour les baptêmes et inhumations de 1616 à 1625 [3].

Notre seconde remarque concerne la date même de la rédaction du document. Cette date est donnée très explicitement en une ligne finale : « Le présent faict en mil six cent quatre-vingt, le 8 juillet ». Rien ne nous renseigne sur la provenance de cette donnée : est-elle de la main du rédacteur ? Est-elle ajoutée par un tiers ? Il faudrait voir l'original. Quoiqu'il en soit, un fait est incontournable, c'est que la date est fausse et doit être reportée à 1687. Bien des preuves peuvent en être fournies, se fortifiant les unes les autres. Bornons-nous à signaler les principales :

1° La confrontation des âges attribués aux enfants avec les dates positives fournies par les registres ; l'observation faite dès le premier article pourrait être renouvelée une centaine de fois dans l'étude du document.

2° Les parents signalés comme veufs ou veuves, alors que leurs conjoints ne moururent qu'en 1681 (art. 14), en 1689 (art. 96), en 1684 (art. 4 et 20) et même en 1686, comme c'est le cas de Madeleine Hourdebourg (art. 93) ;

3° Les internements signalés ou ordonnés pour des enfants de 4 à 5 ans, ne se comprenant que si le document est postérieur à la décalration du 17 juin 1683, portant que « les enfants de ceux de la R. P. R. qui auront fait abjuration seront instruits dans la Religion Catholique » ;

4° La mention de départ pour l'étranger de familles protestantes qui, d'après les actes baptistaires de leurs enfants, étaient encore à Alençon, en 1683 et même en 1685 (art. 22, 62, 76, etc.).

Nous nous représentons ce document comme rédigé par ordre de l'intendant de Bouville, à la fin de 1686 ou mieux au commencement de 1687, dans le but de l'informer exactement du nombre et de la qualité des protestants demeurés à Alençon, de ceux qui avaient émigré, et surtout des enfants tombant sous le coup de la déclaration royale de 1683. Sans doute cette enquête n'est-elle pas sans rapport avec le second Mémoire envoyé à la Cour par l'intendant, après la Révocation, celui où sont rappelés les noms d'une trentaines de notables en fuite, avec l'évaluation de leurs biens confisqués.

Comme indice, mentionnons que ce Mémoire, aussi bien que notre document, signale le départ pour l'exil de Jean le Rouiller, sieur de Chauvigny, veuf de Madeleine Hourdebourg. Or, le décès de cette dernière et le châtiment ignominieux imposé à son cadavre qui causa une vive émotion dans la contrée eurent lieu à la fin d'avril 1686 [4].


 
 
 


[1] Comment une telle pièce figure-t-elle aujourd'hui dans les archives d'une de ces familles dont il s'est agit de prendre le petit garçon ? Il n'est guère possible de répondre à cette demande que par une supposition. Un descendant de ce petit garçon ayant exercé sous la première république des fonctions municipales à Alençon, cete pièce a pu facilement passer sous ses yeux à la mairie et il a pu trouver tout naturel de la garder.

Ce petit garçon ne peut être que celui qui est noté à l'article 226 : Edmé Loppé. Une des branches de cette famille vint se fixer à Genève ; le peintre paysagiste Gabriel Loppé (né à Montpellier en 1825), qui en était issu, communiqua a plusieurs reprises à M. du Plan des documents qui provenaient de ses ancêtres alençonnais (Voir le Bulletin de la Société de l'histoire du Protestantisme Français, 1932, p. 418.)
La famille Loppé eut à subir de dures vexations à Alençon dans le cours du XVIIIe siècle ; elle resta fidèle à sa foi et ne cessa d'attacher une grande importance aux destinées de son Eglise. Léon de la Sicotière a eu sous les yeux le « Livre de raison » de cette famille et en a relevé le contenu essentiel dans ses Papiers de la famille Loppé qui font partie des manuscrits inédits de cet historien conservés à la Bibliothèque municipale d'Alençon (M. S. 2445-1).
[2] Par exemple : Ivan pour Jean ou Jehan, Elice pour Eslue, Marielle pour Mariette, Bouvet pour Bonnet, Caudier pour Laudier, des Marelles pour des Marettes, Groute pour Groustel, etc., etc.
[3] Registres primitifs du consistoire en 16 cahiers : 1608-1685 (Arch. municipales de la mairie d'Alençon).
[4] Le Mémoire de Houville dit : « Jean Rouillé a laissé 340 livres en fonds d'héritage, et sa femme a été jetée à la voirie après sa mort pour avoir refusé les sacrements ». (Elie Benoist et l'Eglise Réformée d'Alençon, par P. Pascal, p. 97, voir L. Duval : Etat de la généralité d'Alençon sous Louis XIV, p. LXI.)

La mention de Jean le Rouillé dans la liste ci-après est à l'article 93.
© 1998-2010 A. de la Pinsonnais - Màj : 13 juin 2010